Канадская Федерация гуманитарных наук приглашает принять участие в седьмой международной конференции, которая пройдет 31 мая - 2 июня в Монреале
1- Expérience, pratique et écriture du voyage en mode naturaliste
Responsable : Frédéric Da Silva (University of Guelph)
Il semble exister comme un antagonisme dans les rapports qu'entretinrent les naturalistes avec le voyage comme pratique physique, la littérature de voyage et a fortiori le récit de voyage.
Si le récit de voyage est un genre aujourd'hui reconnu et sur lequel il existe de nombreuses études, il semble avoir été en disgrâce chez les écrivains naturalistes de la fin du XIXe siècle, peut-être en réaction contre une pratique chère aux romantiques (voyage réel ou fictif), à moins qu'il ne soit laissé aux soins de spécialistes (explorateurs, militaires, savants).
Les écrivains naturalistes ont gardé l'image de grands casaniers, leur nom étant souvent associé à leur lieu de vie (Flaubert à Croisset, Daudet à Champrosay, Zola à Médan, Maupassant à Étretat, sans oublier le fameux « Grenier » des Goncourt). Par contre on ignore souvent qu'ils eurent une expérience de voyageur (Zola se déplaçant pour préparer une description et se documenter in situ, Daudet découvrant l'Algérie et bien d'autres encore...).
Si Zola consacre un roman au voyage ferroviaire, il ne peut se résoudre à en faire sa matière seule, et La Bête humaine est tout autant un roman policier qu'un roman de l'inconscient refoulé. Et, bien qu'il se livre dans Fécondité à une étonnante ouverture vers l'exotisme et sa dimension coloniale, l'accès à cet ailleurs ne se fait pas directement mais par le biais d'un récit dans le récit. C'est qu'il y a bien chez lui, comme chez ses épigones, une réticence à inclure le voyage dans un projet réaliste/naturaliste, comme si, en somme, l'auteur craignait d'enfreindre la visée strictement objective qui préside à sa création.
On peut imputer cette réticence de Zola à sa mince expérience du voyage, mais il n'y a rien de tel chez Maupassant. Sa passion pour la navigation est bien connue, moins connue est son expérience de voyageur et de voyageur diariste. De ses voyages en Afrique du Nord, par exemple, Maupassant rapporte une série de chroniques très riches qui se lisent autant comme un reportage réaliste sur la France coloniale que comme des impressions de voyage. En revanche, on n'en retrouve que très peu de traces dans ses oeuvres de fiction : quelques nouvelles, Marocca, Un soir, Allouma, et de minces occurrences dans les premiers chapitres de Bel Ami.
Dans l'oeuvre de Paul Bonnetain, au contraire, le voyage (sous toutes ses formes et par toutes les latitudes) est omniprésent. C'est du reste par ce trait qu'il semble s'être affranchi d'une écriture d'émule de Zola, écriture par ailleurs menacée par le ressassement des mêmes motifs. Mais dans son cas, la critique lui dénie toute originalité et met en doute son réalisme, comme si définitivement la prise en compte de l'altérité (géographique, culturelle, individuelle) était intrinsèquement incompatible avec l'étude des moeurs et du quotidien.
Cet atelier se propose d'envisager la place occupée par le voyage dans la littérature à vocation naturaliste, de proposer des pistes de travail sur la dimension prise par une activité relevant du domaine biographique et celle de sa retranscription ou non dans l'espace de la fiction. Il ne s'agira pas simplement d'inventorier les différents modes de locomotion ou les divers espaces géographiques explorés dans par la littérature de la fin du XIXe siècle, mais de se placer dans la perspective d'une réflexion sur le voyage comme motif réaliste/naturaliste et comme expérience ou écriture de rupture.
2- Relire le romantisme au Canada. Nouvelles approches, nouveaux regards
Responsable : Marie-Frédérique Desbiens (Université Laval)
Le romantisme canadien-français a longtemps été perçu comme une version édulcorée et tardive du grand courant européen. Pour les premiers critiques de la littérature québécoise qui y voient surtout de la « pacotille romantique », des « primevères romanesques » et de la « poudre de romantisme ou de perlimpinpin », il n'aurait donné que quelques notables fruits dans la seconde moitié du XIXe siècle avec les écrits d'Henri-Raymond Casgrain, d'Octave Crémazie et de Louis Féchette. Encore en 1992, le seul ouvrage publié sur le sujet à ce jour, un collectif intitulé Le romantisme au Canada, conclut à la résistance des Canadiens de l'époque face à ce courant, bien que plusieurs des textes qu'il comporte démontrent son impact indéniable sur les débuts littéraires au pays dans les années 1830 à 1850. Depuis, des travaux d'envergure sur les romantismes européens, sur les romantiques « mineurs », sur les identités nationales, sur la presse, le feuilleton et les écritures intimes ont paru qui ont entraîné un renouvellement des perspectives dans l'étude des mouvements et des genres romantiques. C'est dans cette optique et à la lumière de ces avancées récentes que le présent atelier voudrait permettre de jeter un regard neuf et actuel sur le romantisme au Canada trop souvent négligé par l'histoire littéraire.
Des interrogations diverses peuvent et doivent ainsi se trouver à la base des communications proposées. Quelles sont les influences du courant français sur la naissance des genres majeurs du romantisme au Canada, tels la poésie, l'histoire et le roman historique ? Quelle place occupent les genres marginaux, feuilletonesques, journalistiques ou personnels dans la définition du romantisme canadien ? Quels sont les procédés littéraires et la rhétorique empruntés par les premiers auteurs romantiques au Canada, des plus connus comme François-Xavier Garneau aux moins connus comme Joseph-Guillaume Barthe ? Quels parallèles peut-on établir avec les romantismes des nations périphériques italienne, polonaise ou irlandaise ? Quelles oeuvres du romantisme français et des autres romantismes ont circulé au Canada et ont pu servir de modèles pour les écrivains canadiens du XIXe siècle ? En quoi et comment le romantisme a-t-il marqué l'avènement, mais aussi tout le développement de la littérature francocanadienne que nous connaissons aujourd'hui ? Par ce type de questions et en privilégiant des approches multiples, tant contextuelles que textuelles, cet atelier voudrait en somme relire le romantisme au Canada, mouvement qui se trouve à l'origine de la littérature canadienne-française et dont les échos continuent parfois de résonner dans certaines oeuvres contemporaines.
3- France-Allemagne : rencontres et retrouvailles
Responsable : Hélène Cazes (University of Victoria)
Atelier conjoint avec l'Association des professeurs d'allemand (CAUTG) et avec l'Association des professeurs de français des universités et des collèges canadiens
Plusieurs chapitres de l'histoire littéraire française sont racontés comme le développement fécond d'influences ou lectures venant d'Allemagne : depuis le partage de références savantes ou populaires au Moyen Age, le dialogue entre la France renaissante et l'empire de Charles Quint, jusqu'au retentissement des mythes mis en récit par Goethe, la diffusion des idéaux et imaginaires romantiques, l'universalisation des mouvements marxistes, cent autres occasions s'offrent au critique pour relever la fécondité des voisinages et parentèles intellectuels des deux voisins. Ces relations, parfois occultées, parfois éclairées par les nationalismes des deux acteurs, semblent fonder la modernité qui explose sous forme Dada en pleine première guerre mondiale. Or il ne suffit ni ne satisfait de prononcer le mot « influence » : la chronologie fait-elle hiérarchie ? l'impact suscite-t-il un retour d'influence, de reconnaissance, de création ? le modèle sert-il, de fait, de miroir aux consciences esthétiques ? En proposant une rencontre conjointe entre trois associations, dont les communications seront données en anglais ou en français, nous espérons faire naître un débat pluridisciplinaire sur les liens entre identité nationale et création, mais également entre influence et invention de soi. Centré autour des grands dialogues que représentent le romantisme et les premières décennies du septième art en Europe, cet atelier tentera de penser l'influence comme rencontre et l'histoire littéraire comme retrouvailles.
4- Enchantement et désenchantement dans l'univers d'Alfred de Musset
Responsable : Daniel S. Larangé (Université McGill)
« Le mal existe, mais pas sans le bien ; comme l'ombre existe, mais pas sans la lumière »
(Lorenzaccio, Acte III)
Alfred de Musset (1810-1857), dont le bicentenaire sera célébré en 2010, a souffert de vagues d'enchantement et de désenchantement qui ont rythmé tant sa vie personnelle que l'époque dont il aurait été à la fois l'enfant béni et l'enfant ingrat. Afin de commémorer sa mémoire tout en relisant « le XIXe siècle à travers les âges », selon la formule de Philippe Muray, il faudrait faire oeuvre de réflexion en méditant sur la constitution et la propagation de ce « romantisme » que le poète, auteur dramatique, prosateur, romancier, conteur et aphoriste chante contre les turpitudes des désillusions et dans l'espoir de nouvelles révélations.
Cet atelier invite à une réfléchir sur les mécanismes du désenchantement du monde – le recul des croyances religieuses ou magiques comme mode d'explication des phénomènes, impliquant une perte de sens du monde – décrits par Marcel Gauchet (Le Désenchantement du monde, Paris, Gallimard, 1985), sur la nature et la fonction de ces crises qui sembleraient se multiplier depuis l'émergence d'une conscience romantique. Paul Bénichou propose de lire le processus de l'enchantement, du désenchantement et du réenchantement du monde dans le traitement de l'amour : « Tout tient pour Musset dans l'amour, ce qui n'est pas, contrairement à l'opinion courante, le cas de la poésie romantique en général. Et cet amour, qui est son seul sujet, est chez lui l'échec de l'amour, la relation à l'être aimé étant source infaillible de souffrance » (Paul Bénichou, L'École du désenchantement, Paris, Gallimard, 1992, p. 103). Or la question du désenchantement du monde reste toujours d'actualité en nos temps de crises.
À partir d'une combinaison de ces axes, plusieurs problématiques peuvent être explorées dans le corpus des oeuvres d'Alfred Musset, comme :
· l'actualité de la lecture des oeuvres d'Alfred de Musset
· la dialectique du désenchantement et de l'enchantement
· le rôle complexe de l'amour dans le monde
· le dandysme et la décadence comme révolte contre Dieu
· les figures de l'ineffable et de l'impossible
· la sotériologie de la souffrance
· le rapport du réel au fantastique
5- Mythes et littérature au/du dix-neuvième siècle
Responsable : Roxane Petit-Rasselle (Franklin and Marshall College)
Cette séance s'intéresse à deux questions primordiales : le mythe dans le littéraire, et le mythe littéraire. Avec Hugo, Lamartine, Lorrain, Maistre, Rachilde et Vigny (pour ne citer qu'eux), la littérature du XIXe siècle contient de nombreuses traces de mythes antiques, qu'il s'agisse de motifs, d'archétypes ou de simples références. Avec Dumas père et Hugo, on assiste à la naissance de mythes littéraires : Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo, Notre-Dame de Paris et Les Misérables. Nous examinerons – mais ne nous limiterons pas – aux questions suivantes :
(1) Comment penser l'inscription du mythe dans la littérature du XIXe siècle ? Le mythe est-il logos spermatikos – ou Verbe fécondant –, ou est-ce la littérature qui l'enrichit ? Le mythe a-t-il la fonction d'un substrat syntaxique et/ou symbolique dans ses textes-hôtes du XIXe ? Peut-on admettre, avec Claude-Lévi Strauss, que sa dégénérescence, consistant à s'étirer de l'intérieur et à devenir cyclique, trouve une construction analogue dans le récit littéraire, et particulièrement dans le roman-feuilleton, dont la périodicité vient du signifiant imposé de l'extérieur avec la presse écrite ? Les écrits du XIXe siècle ont-ils perpétué le code du mythe fondateur, ou l'ont-il recontextualisé, modifié et/ou adapté à leur époque ?
(2) D'aucuns élargissent la définition du mythe littéraire à des figures historiques, héroïques et politiques, comme Napoléon, ou encore à des stéréotypes comme celui du Juif errant, que des récits ont mis en scène. Tandis que des approches semblables sont encouragées, nous privilégierons les oeuvres qui, depuis leur parution, exercent une fascination traversant le temps et les frontières. Certains écrits du XIXe siècle ont-il mythisé un phénomène ? Ou bien ont-il enregistré ce que la conscience commune a mythisé ? Quelle importance accorder à la production et à la réception ? Le mythe littéraire est-il complètement indépendant du mythe ? Quels sont les éléments qui permettent à un récit de devenir un mythe littéraire ? Comment les avatars d'un mythe littéraire né au XIXe siècle le perpétuent-ils aujourd'hui ?
6- Littérature du XIXe siècle, lecteurs du XXIe siècle
Responsable : Margot Irvine (University of Guelph)
Cet atelier, prévu sous forme de table ronde, sera un forum d'échange concernant les pratiques et les philosophies de l'enseignement de la littérature du XIXe siècle dans le contexte canadien actuel. Nous vous invitons à proposer une courte présentation, d'une dizaine de minutes, faisant part de votre expérience d'enseignement. Tous les sujets relatifs à l'intégration des nouvelles technologies à l'enseignement de la littérature du XIXe siècle seront les bienvenus.
À titre d'exemple, la réflexion pourrait porter sur :
- Lire Facebook vs lire Balzac, Dumas, Sand, Flaubert, Zola...
- Les romans du XIXe siècle en hypertexte
- Les supports technologiques pour l'enseignement de la littérature du XIXe siècle
- Comment présenter la pertinence du XIXe siècle pour un lectorat contemporain ?
7- Communications libres
Une séance sera consacrée aux communications libres.
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