25-26 ноября 2010 года в Университете Нанта пройдет коллоквиум встреча "Жюль Верн".
Les Rencontres Jules Verne
Après « Jules Verne, les machines et la science » en 2005, et « Jules Verne, le partage du savoir » en 2008, les Rencontres Jules Verne poursuivent l'exploration des relations entre la science, la culture et la société, en s'arrêtant en 2010 sur le thème suivant :
« Science, technique et société : de quoi sommes-nous responsables ? »
Ouvertes à un large public, ces rencontres s'adressent aux professionnels (chercheurs, enseignants, acteurs de la culture scientifique, industriels…) comme aux citoyens.
La problématique
Les sciences et les techniques concernent à présent tous les secteurs de la vie sociale, la production et la consommation des biens de tous ordres, l'information et la communication, l'éducation et la santé, la défense, les sports… Or, il semble bien que c'est leur fantastique succès et le surcroît de pouvoir qu'elles procurent qui fait problème aujourd'hui. Les thèmes prométhéens et même faustiens qui animaient les romans de Jules Verne se retrouvent aujourd'hui d'une manière très concrète: énergie nucléaire, informatique, nanotechnologies, thérapies géniques…, de sorte que la question de la transgression se pose sans cesse, sans que l'on puisse d'ailleurs localiser précisément les limites à ne pas dépasser.
Condorcet réclamait déjà une régulation éthique et politique de la recherche scientifique que l'on ne devait pas laisser à son accroissement mécanique. Les barbaries du XXème siècle ont consacré le divorce du rationnel et du raisonnable, du vrai et du bien et mis en péril « l'idée de progrès » issue des Lumières. Elles ont définitivement ruiné l'idée de la neutralité du développement scientifique et technologique comme celle de l'affinité naturelle entre science et démocratie.
Jules Verne avait bien anticipé l'alliance du pouvoir, de l'argent et des media dans la techno-science moderne. Et le « catastrophisme éclairé » de bien de ses romans trouve un écho favorable dans les nouveaux paradigmes de développement qui surgissent aujourd'hui : modèles de décroissance, développement durable… C'est pourquoi la définition des politiques de recherche, qui obéissait jadis à des orientations purement technocratiques, a désormais envahi le débat public lorsque des scientifiques ont décidé d'assumer leurs responsabilités devant les conséquences possibles de leurs travaux. L'idée d'une « science citoyenne », venue de l'Europe du Nord, traduit désormais l'exigence de discussions publiques en matière d'aménagement du territoire, renforçant ainsi le rôle des acteurs politiques locaux et redéfinissant le rôle des experts. D'où l'invocation des principes de « responsabilité et de précaution » pour tenter de fonder la sagesse pratique attendue des comités d'éthiques en tout genre.
Sur le plan éducatif, la prolifération des « éducation à…» (à la santé, au développement durable…) par delà les contenus strictement disciplinaires, vise à préparer le futur citoyen à assumer ses nouvelles responsabilités dans le cadre d'une démocratie participative qui se cherche. L'information scientifique du citoyen ne peut désormais prendre la forme exclusive de la vulgarisation mais doit également proposer des éléments de réflexion éthique et politique.
Son objet
L'objet de ces 3ème Rencontres transdisciplinaires en 2010 est de confronter les points de vue d'universitaires de toutes disciplines (physiciens, biologistes, philosophes, sociologues, historiens…), d'hommes politiques et de journalistes, autour des questions de la responsabilité éthique et politique en matière de développement scientifique et technique.
Les communications se situeront dans ces cinq axes de recherche :
1. Quelle a été, au cours de l'histoire, l'évolution du rapport éthique et politique aux sciences, dans l'histoire des mentalités, celle des idées littéraires ou philosophiques, celle des institutions ? Peut-on retracer l'histoire de la notion de responsabilité en matière de développement technique et scientifique ? Et notamment, comment au 19ème siècle les grands vulgarisateurs scientifiques, Jules Hetzel, Jean Macé, Jules Verne, Louis Figuier, Camille Flammarion… ont-ils constamment sous-tendu leurs efforts d'éducation à la science par une éducation à la prise de conscience ?
2. Comment cette question de la responsabilité est-elle élaborée philosophiquement aujourd'hui ? Quel écho trouve-t-elle dans la pensée politique, institutionnelle ?
3. Que sait-on au juste des espoirs et des craintes du public en matière de développement technico-scientifique, autrefois, du temps de Jules Verne ou maintenant ? Quel est exactement l'impact des campagnes d'information concernant les problèmes écologiques, les nouveaux modèles de développement ?
4. Comment les scientifiques, les acteurs politiques, et d'une manière générale les citoyens, assument-ils concrètement leurs responsabilités en la matière ? Comment les enseignants, les journalistes peuvent ils penser l'éducation des citoyens à ces nouvelles responsabilités ?
5. Comment les représentations de l'ingénieur et du savant – si bien travaillées par Jules Verne – ont-elles évoluées eu égard aux applications de la science et à la demande sociale ?